La région «française» d’Italie : la Vallée d’Aoste.
Aux frontières de la France et de la Suisse, la Vallée d’Aoste, aussi appelée Val d’Aoste, est la plus petite région d’Italie avec environ 100 000 habitants, appelée Valdôtains.
Le dialecte valdôtain est un dialecte francoprovençal marqué par l’importance des langues gallo-romaines comme le français.
En effet, avant d’être intégrée officiellement à l’Italie en 1861, la région a longtemps été associée au royaume des francs et faisait partie de la France sous le Premier Empire de Napoléon. Elle est située dans un pôle d’échange entre la Savoie, le Valais et le Piémont, d’où son importance multiculturelle.
Jusqu’au XIXe siècle, le francoprovençal était la langue maternelle de 90% de la population, mais au fil de l’histoire la tendance a changé.

Italianisation
En 1939, un décret du gouvernement fascite prévoit l’italianisation des toponymes de la Vallée d’Aoste. Les noms de communes (à l’origine français) sont italianisés :
- – Allain, devient Alleno
- – Antey-Saint-André, devient Antei Sant’Andrea
- – Champorcher, devient Campo Laris
- – La Magdeleine, devient La Maddalena d’Aosta
- – Pont-Saint-Martin, devient Ponte San Martino
- – Saint-Rhémy, devient San Remigio
- – Villeneuve, devient Villanova Baltea
Les noms de communes français sont rétablis en 1946 à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et en 1948, la région obtient un statut spécial d’autonomie et fait partie des 5 régions d’Italie autonomes (Sicile, Sardaigne, Trentin-Haut-Adige, et Frioul-Vénétie Julienne).
Aujourd’hui

Depuis 1948, les langues officielles de la Vallée d’Aoste sont le français et l’italien à parts égales en faveur du bilinguisme : le système d’éducation prévoit le même nombre d’heures enseignées dans les 2 langues, la signalisation routière est bilingue…
Cependant, face au monopole de la langue italienne dans la vie quotidienne, dans les médias, à la télé… La langue française se perd peu à peu au profit de l’Italien.
Aujourd’hui, les natifs francophones de la région ne représentent qu’une minorité.
De manière anecdotique, on constate la situation inverse dans la région du Trentin-Haut-Adige (ou Sud Tyrol) où la langue allemande prend de plus en plus d’importance.





